“Devoir d’exemplarité des bleus”: Acheter du sexe n’est pas un sport

Du 12 juin au 13 juillet 2014, le Brésil sera l’hôte de la coupe du monde de football. Pareille compétition va attirer un grand nombre de spectateurs et spectatrices : 600 000 visiteurs du monde entier attendus au Brésil et 3 millions de brésilien-nes y assisteront.
Il ne faut pas occulter la réalité, la législation en matière de prostitution pèse dans le choix des pays sélectionnés pour accueillir les grandes compétitions sportives.
La prostitution, au Brésil, est légale à partir de 18 ans. Si l’âge du consentement pour les relations sexuelles est fixé en théorie à 14 ans, en pratique des hommes ayant eu des relations tarifées avec des petites filles de moins de 12 ans n’ont pas été sanctionnés. 500 000 jeunes filles et jeunes garçons sont concernés par la prostitution, en plus des adultes.
Cette coupe du monde comme les précédentes va favoriser la demande donc encourager l’offre. Il est dommage qu’aucun pays, qu’aucun organisme ne fassent le choix d’une campagne de prévention des violences sexuelles et donc de la prostitution conjointement à la tenue des grandes manifestations sportives. Ces violences sont également encouragées par la prise excessive d’alcool au moment des matchs et après le dernier coup de sifflet.
La prostitution n’est pas une fatalité humaine. Comme nous l’avions affirmé lors de la Coupe du monde en 2006 en Allemagne, avec la Coalition contre le trafic des femmes (CATW), nous réitérons notre appel pour ce rendez-vous sportif qui doit rester une fête digne et solidaire : Acheter du sexe n’est pas un sport.
Femmes solidaires est un mouvement féministe abolitionniste membre d’abolition 2012. Nous souhaitons la reconnaissance de la responsabilité des clients dans le système prostitueur à travers la pénalisation de ces derniers. L’impunité doit cesser et la criminalisation doit changer de camps, les personnes prostituées ne sont pas des auteurs mais des victimes de violences sexuelles. Nous sommes partenaires et relais en France de l’appel joint, lancé par la Coalition contre le trafic des femmes (CATW) condamnant le recours à la prostitution pendant la coupe de monde de foot au Brésil. Cette pétition a déjà été signée par de nombreuses associations et personnalités.
La France est “normalement” abolitionniste. Elle a – comme le Brésil – ratifié la CEDAW ou Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes qui affirme dans son article 6 que les Etats signataires « prennent toutes les mesures appropriées, y compris des dispositions législatives, pour réprimer, sous toutes leurs formes, le trafic des femmes et l’exploitation de la prostitution des femmes ». Elle a aussi ratifié la convention de 1949 et le protocole de Palerme.
A ce titre nous appelons les joueurs de l’équipe de France qui portent si fièrement les couleurs de notre pays et dont Didier Deschamps exige un “devoir d’exemplarité”, à se positionner clairement pour l’abolition de la prostitution en affirmant “Acheter du sexe n’est pas un sport”. C’est votre devoir envers la jeunesse. Vous avez su combattre le racisme sur les pelouses, abolissez le sexisme aux abords des stades.
Joueurs et joueuses, sportifs et sportives, passionné-es de sport et de foot, personnalités de toutes les sphères : TWITTEZ à travers la planète et déclarez publiquement : « Acheter du sexe n’est pas un sport ».
Contact presse : virginie 06.83.44.52.34

Fermer le menu