Disparition de Maya Surduts, le mouvement des femmes est en deuil

Une profonde tristesse vient de nous assaillir à la nouvelle de la disparition de notre amie Maya Surduts porte-parole du CNDF mais aussi présidente de la CADAC. Les mots nous manquent tant nous sommes en état de choc. Maya incarnait la lutte des femmes et savoir qu’elle n’est plus est presqu’une abstraction.

Le mouvement Femmes solidaires partage l’ensemble des valeurs que Maya défendait depuis son enfance, en premier lieu le refus du racisme, de l’antisémitisme et du fascisme qui faillit couter la vie à sa famille durant la seconde guerre mondiale. Puis le droit à disposer de son corps qui fut la clé de voûte de toutes les actions militantes dans lesquelles Maya déploya son énergie. Pionnière dans la lutte pour l’avortement auquel elle consacra la majeure partie de sa vie militante, Maya ne se résigna jamais aux diktats politico-religieux qui emprisonnent les femmes.

Abolitionniste, elle nous quitte une semaine jour pour jour après l’adoption de la loi pour la pénalisation des clients prostitueurs, loi pour laquelle elle s’était beaucoup mobilisée. Avec Femmes solidaires les discussions furent toujours franches, le dialogue jamais interrompu et beaucoup d’entre nous ont appris au contact de cette grande militante dont les actes étaient toujours portés par une réflexion exigeante sur les enjeux de son époque. Enfin elles furent, avec son amie Suzy Rojtman, pour qui nous avons une pensée, à l’avant-garde de la lutte contre les violences faites aux femmes portant des années durant l’ambition d’une loi-cadre contre ces violences quand celle-ci était inenvisageable par le monde politique.

Nous nous souviendrons des colères de Maya, ces colères qui ne duraient jamais très longtemps, mais dont les raisons profondes portaient souvent les grands combats émancipateurs pour les femmes. Enfin l’irrévérence de Maya nous manquera, cette irrévérence qui nous lâche à l’âge adulte et que Maya conserva jusqu’à son dernier souffle. Il ne s’agissait pas de plaire mais de convaincre, il ne s’agissait pas de complaire mais de rester juste et fidèle à la cause des femmes, et toujours avec une grande élégance.

Sabine Salmon, Présidente Nationale de Femmes solidaires
et les militantes du mouvement Femmes solidaires

Paris, mercredi 13 avril 2016

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